Il n’existe pas un salaire unique de « criminologue » en France. La criminologie est une spécialisation pluridisciplinaire ; la rémunération dépend du métier réellement occupé : psychologue, juriste, chercheur, analyste criminel, agent de la fonction publique, consultant en sécurité ou spécialiste de la cybercriminalité. Une fourchette générale présentée sans intitulé de poste, statut ni expérience serait donc trompeuse.
La bonne question n’est pas seulement « combien gagne un criminologue ? », mais dans quelle fonction, avec quel diplôme et chez quel employeur ? Voici les repères qui permettent de construire un projet réaliste.
Sommaire de l'article
Le salaire d’un criminologue, en bref
| Voie professionnelle | Comment la rémunération est-elle fixée ? | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Psychologue dans la justice, la santé ou le social | Convention collective, grille publique ou activité libérale | Le titre de psychologue est réglementé |
| Police, gendarmerie, pénitentiaire, douanes | Grade, ancienneté, concours et primes | La criminologie est une compétence, pas le nom du grade |
| Recherche et université | Contrat doctoral, poste d’ingénieur d’études, enseignant-chercheur ou contrat de projet | Le doctorat peut être nécessaire pour une carrière académique |
| Analyse, renseignement, cybersécurité | Fonction, secteur, niveau technique et responsabilité | Les salaires du privé varient fortement |
| Conseil, expertise ou sécurité privée | Contrat salarié, missions ou honoraires | L’expérience préalable compte souvent davantage que le seul diplôme |
Pour disposer d’un repère concret, l’Onisep indique un salaire débutant de 1 867 € pour le métier de psychologue. Ce montant ne constitue pas un « salaire de criminologue » : il concerne une profession précise, avec son titre et ses conditions d’exercice. Dans la police, la magistrature, la recherche ou le conseil, les grilles et les réalités sont différentes.
Méfiez-vous donc des pages qui annoncent mécaniquement 30 000, 50 000 ou 70 000 euros par an. Sans poste, pays, statut ni source, ces chiffres ne permettent aucune comparaison sérieuse.
Que fait réellement un criminologue ?
Le criminologue étudie les phénomènes criminels : passage à l’acte, parcours des auteurs, victimologie, prévention, récidive, renseignement ou analyse de données. Selon son emploi, il peut produire une étude, contribuer à une politique de prévention, analyser des informations, accompagner des personnes ou éclairer une décision judiciaire.
En revanche, il ne faut pas confondre plusieurs métiers souvent mélangés dans les séries télévisées :
- le criminaliste travaille sur les traces et les preuves avec des méthodes de science forensique ;
- le psychologue évalue ou accompagne des personnes et doit détenir le titre réglementé ;
- l’enquêteur mène des investigations dans le cadre de ses compétences légales ;
- le « profiler » n’est pas, en France, un intitulé générique ouvrant sur un parcours et un salaire uniques.
Cette distinction change tout au moment de consulter les offres. Chercher uniquement « criminologue » laisse passer des postes pertinents intitulés analyste, chargé d’études, responsable sécurité, juriste, conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation ou expert en risques.
Quelles études suivre pour travailler en criminologie ?
Le parcours le plus lisible passe par une licence, puis une spécialisation de niveau master. Droit, psychologie, sociologie, science politique, sécurité-défense ou informatique peuvent constituer de bonnes bases selon le métier visé. L’Onisep recense un master mention criminologie de niveau bac + 5.
Le Cnam propose par exemple un master en expertise criminologique orienté sécurité, défense, renseignement, radicalisation, cybercriminalité et analyse. Sa liste de débouchés montre bien la diversité des fonctions : recherche, cybersécurité, intelligence économique, sécurité intérieure, conseil ou investigation.
Avant de candidater, vérifiez toujours :
- le niveau et la validité de la certification dans le Répertoire national des certifications professionnelles ;
- les prérequis d’entrée, notamment la licence attendue ;
- la présence d’un stage, d’un mémoire ou d’un projet appliqué ;
- les emplois réellement occupés par les diplômés ;
- les concours ou titres supplémentaires nécessaires au métier final.
La fiche active de France Compétences consacrée au master de criminologie détaille les blocs de compétences et les secteurs d’activité. C’est plus fiable que le seul nom commercial d’une formation.
Quatre trajectoires possibles après le diplôme
1. Justice et accompagnement
Les diplômés issus du droit, de la psychologie ou du travail social peuvent viser l’aide aux victimes, l’insertion et la probation, la protection judiciaire de la jeunesse ou l’expertise. Chaque fonction conserve ses propres conditions d’accès. Un master de criminologie ne donne pas automatiquement le titre de psychologue, d’avocat ou de magistrat.
2. Recherche et prévention
Universités, observatoires, associations et collectivités ont besoin de profils capables d’exploiter des données, de conduire des entretiens et d’évaluer des dispositifs. Les débuts passent souvent par un contrat de recherche, une mission d’étude ou un doctorat plutôt que par un poste portant le titre de criminologue.
3. Sécurité, renseignement et cybercriminalité
Cette voie associe compréhension des menaces, analyse de l’information et compétences techniques. Une spécialisation complémentaire peut devenir déterminante. Par exemple, apprendre à structurer et visualiser des données — sujet abordé dans notre guide sur la certification Power BI PL-300 — peut renforcer un profil d’analyste, sans remplacer la formation juridique ou criminologique.
4. Secteur privé et conseil
Banques, assurances, cabinets de conseil, entreprises de cybersécurité ou directions sûreté recrutent des analystes des risques, de la fraude et de la conformité. Ici, l’employeur rémunère une fonction opérationnelle. Les outils, les langues, l’expérience sectorielle et la capacité à rédiger des analyses utiles pèsent lourd dans la négociation.
Comment estimer votre futur salaire sans vous tromper ?
Partez de l’intitulé exact du poste, puis comparez trois sources : la grille officielle lorsqu’il s’agit d’un corps public, les offres récentes de la région et les enquêtes salariales du secteur concerné. Faites aussi la différence entre brut mensuel, brut annuel, net, primes et rémunération variable.
Exemple : « analyste criminel contractuel », « psychologue en milieu pénitentiaire » et « consultant fraude » peuvent tous mobiliser la criminologie. Ils n’ont pourtant ni le même employeur, ni les mêmes obligations, ni la même rémunération.
Enfin, ne transmettez pas d’informations personnelles à un faux recruteur. Les métiers de la sécurité attirent eux aussi des tentatives d’hameçonnage ; les réflexes présentés dans notre dossier sur la détection des messages frauduleux restent valables lors d’une candidature.
Questions fréquentes
Peut-on devenir criminologue avec une licence de psychologie ?
Une licence de psychologie peut permettre de candidater à certains masters, selon leurs prérequis. Pour porter le titre de psychologue, il faut suivre le cursus spécifique qui ouvre légalement ce droit.
Faut-il passer un concours ?
Pas pour toutes les fonctions. Un concours est généralement requis pour devenir titulaire dans de nombreux corps de la police, de la justice ou de l’administration. Le privé recrute plutôt sur diplôme, compétences et expérience.
Le métier recrute-t-il ?
Les compétences en criminologie trouvent des débouchés, mais les offres ne portent pas toujours ce nom. Une recherche efficace doit couvrir le droit, la prévention, l’analyse, la sécurité, la recherche et la cybercriminalité.
